Jour d'ouverture

Lun. - Ven. 8.00 - 17.15

Contactez nous

Secrétariat

02 40 62 08 20

Appelez nous

Géopolitique : rencontre avec M. Le Scornet, en direct du Rwanda

Rencontre de Daniel Le Scornet :

Ce vendredi 19 novembre, nous avons eu la chance de discuter avec un Français du nom de Daniel Le Scornet qui habite au Rwanda. Son travail était d’étudier au mieux le génocide des tutsis au Rwanda. Il a d’ailleurs écrit un livre qui s’appelle « Moi, le dernier tutsi » à l’aide d’un ami rwandais. Il a réalisé une partie de son parcours en France pour étudier ce massacre, il a également été président mutualiste et intéressé par la politique. Mais lorsqu’on souhaite en savoir le maximum, le mieux était de se rendre directement sur le territoire, de plus cette histoire le touche particulièrement alors il s’est focalisé dessus. Aujourd’hui, même s’il est à la retraite il continue de chercher avec les Rwandais la reconnaissance de la France, ils le méritent car celle-ci a été très absente lorsque le Rwanda est a eu besoin, elle a laissé les massacres se faire sans vraiment réagir et a laissé les génocidaires fuir, ce qui ne plaît pas aux Rwandais. Les habitants recherchent une autre reconnaissance, celle de L’UNESCO. La mission de m. Le Scornet, est d’étudier ce génocide qui se produit 50 après celui des juifs en Europe pour que ça ne se reproduise pas ailleurs dans le monde. De plus, un génocide laisse des traces donc on ne peut pas l’oublier ou même le mettre de côté, c’est un évènement important de l’histoire.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus distinguer les tutsi et les hutus, c’est interdit par la loi car cette distinction représente une discrimination qui n’est pas valable, les critères de différentiation se basent sur le physique et sur la situation économique. Il n’y a pas de religions distinctes, ni de races ce qui invalide les raisons du génocide, par exemple, certains vont être hutu et d’autres tutsi alors qu’ils sont frère et sœur. Ils sont donc tous Rwandais. Leur relation est apaisée aujourd’hui, il n’y a plus de risque de voir des combats armés car les « hutu » et « tutsi » vivent ensemble, se marient, s’entraident… Le Rwanda est maintenant le pays le plus sain d’Afrique. En outre, ils n’ont qu’une seule langue : le Kinyarwanda ce qui confirme qu’ils ne sont pas différents et que la discrimination n’a pas lieu d’être. Le français est aussi parlé du fait que le Rwanda était une colonie Belge, le français est donc enseigné aux élèves car c’est une langue importante dans le pays, ainsi que l’anglais car le Rwanda a adhéré au Common Wealth. 

Étant donné que beaucoup de personnes, notamment tutsi, sont mortes, il y a bien évidemment des associations de rescapés : association de veuves, des anciens élèves… et celle qui s’appelle « Ibuka » ce qui signifie « Souviens-toi ». Néanmoins, il n’y en a pas pour les hutus qui dans ce crime sont les génocidaires, eux sont jugés/accusés. En outre, il y a un grand nombre de mémoriaux sur le territoire car le génocide n’a épargné aucune zone. En tout, il y a près de 220 mémoriaux dans un pays qui fait seulement 26 000km carré. Une fois de plus, les rwandais cherchent une reconnaissance mondiale car ils souhaitent inscrire 4 mémoriaux au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils ont d’ailleurs obtenu la reconnaissance de la France grâce à un discours qu’a fait le président Emmanuel Macron l’année dernière. Celui-ci a reconnu la responsabilité « lourde et accablante » de la France dans ce massacre. Ce génocide des tutsi est présent dans les manuels scolaires, cependant on ne peut pas dire que c’est un évènement réellement étudié. Son enseignement est voulu mais malheureusement ils n’ont pas les moyens suffisants pour le faire correctement (les enseignants ne sont payés que 50 euros par mois). 

L’intervention de Daniel Le Scornet était très enrichissante et nous a permis d’avoir plus de précisions sur ce qu’a été le génocide des tutsis. C’est d’autant plus intéressant car il vit là-bas et est proche des populations locales donc nous avons la possibilité d’avoir une approche plus sentimentale ou nostalgique. Nous avons eu la chance de pouvoir lui parler et nous le remercions.